Technique

Il s’agit d’une technique moderne, inventée dans les années 1925-1930 par le maître-verrier Jean Gaudin à Paris, parallèlement à l’émergence de la construction en béton dans l’architecture. Elle connaît un formidable essor dans les années 1960 avec de très grandes réalisations.
Les dalles de verres, qui mesurent à l’état brut 20 x 30 cm pour une épaisseur de 2 à 3 cm, sont taillés et sertis dans un réseau de ciment.

La réalisation du vitrail se fait en plusieurs étapes :

  • Le dessin et le report sont réalisés de la même manière que pour le vitrail au plomb.
  • La taille des grandes lignes est réalisée à la scie à eau électrique. Chaque pièce est taillée plus précisément selon les calibres à l’aide de la marteline, qui vient heurter la dalle de verre posée sur le tranchet (planté dans un billot de bois). À la différence du vitrail au plomb, c’est la matière du verre et la résistance propre à chaque dalle qui déterminent le résultat final.
  • Le montage : les pièces sont alors décapées puis positionnées sur un lit de sable. Un coffrage en bois de la taille du futur vitrail entoure le tout. Un mélange de ciment, de sable et de résine est coulé entre les morceaux de verre. La surface visible est bien nettoyée. Un temps de séchage est nécessaire (environ 24h). Le vitrail peut alors être levé.

Historique

En 1968, lors de l’installation du recteur Joseph Le Roch, les vitraux de la nef et de la tribune étaient de simples verres translucides.
Vers 1969, dans la nef Est, côté du soleil levant, furent installés des vitraux en dalles de verre serties dans un mortier de ciment aux couleurs dominantes vertes et bleues.
Dans le bulletin paroissial de 1974, le recteur raconte la pose des nouveaux vitraux avant le centenaire de la consécration de l’église en 1987.
On comprend que de vieux vitraux ou verrière au fond de l’église et sur les côtés furent remplacés par de nouveaux vitraux grâce aux dons des paroissiens et au financement de la municipalité.
Les trois vitraux du chœur, n’étaient plus étanches, la pluie s’engouffrait de l’extérieur et en hiver, la chaleur s’en allait par de multiples trous. Une nécessité s’imposait : réparer ces failles. Mais, vu la minceur des verres de couleurs actuels, et leur scellement au ciment sur les meneaux, il était impossible de les démonter sans Tout briser. Avec l’avis de maîtres-verriers, connaisseurs en la matière, avec l’accord de Mr Le Maire et de son Conseil Municipal, une seule solution restait à envisager : Remplacer ces vitraux par du « plus solide ».
Cela se réalisa en 1976 grâce au don d’une famille sinagote (au moins pour les 2/3 de la dépense), à l’effort de la Municipalité, et à une souscription émise par le recteur auprès des paroissiens, pour rendre l’église paroissiale plus belle. Dès la mi-juillet un premier vitrail fut placé, celui du centre, suivirent en octobre et novembre les deux autres vitraux, puis en décembre les trois vitraux des bas-côtés (nef Ouest). Ceux de la tribune le furent en juillet 1978.
Ce travail fut confié à Roger Lamy, maître-verrier à Kervoyal en Damgan, qui le réalisa avec des dalles de verre. L’utilisation d’une résine époxy pour l’assemblage lui a permis de tailler des petits morceaux afin d’obtenir une œuvre qui ressemble au tableau d’un peintre avec bien entendu plus de relief et d’éclat.
Roger Lamy fut aidé à la pose par Didier Brillouet, alors ferronnier d’art au Poulfanc en Séné. Plus tard, Didier Brillouet reprit l’activité de Roger Lamy « les Ateliers de Saint-Charles » et s’installa à Brandivy (56). Il réalisa ultérieurement les vitraux des chapelles de Kerarden et de Bellevue

Descriptif

Le recteur Joseph Le Roch a tenu à rendre la vie locale présente dans l’église paroissiale.
Les vitraux du chœur déversent une chaude lumière où dominent les ors au centre, les oranges à gauche, les bleus à droite. Autour des sujets principaux (saint Patern, saint Pierre et saint Joseph) sont disposées des scènes évocatrices de la paroisse de Séné. Cette série a remplacé les vitraux peints où figuraient saint Patern, saint Pierre et saint Jean.
Les vitraux de la tribune représentent la chapelle de Kerarden dédiée à Notre Dame du Bon Voyage, avec deux pèlerins voyageurs passant par Séné le long de la rivière de Noyalo.

Saint Patern

Saint Patern : patron de Séné (blason de Séné) et évêque de Vannes (crosse et mitre), évangélisateur du pays sinagot (Église de Séné) terrassant l’esprit du mal (dragon et trident) par l’annonce de la Rédemption du Christ (Croix de Montsarrac et instruments de la Passion : tenailles, marteau, clou).
L’inscription « E.L. » fait référence à Évelyne Lafaye.  Après son décès accidentel, ses parents donnèrent à la paroisse l’indemnité reçue de leur assurance.

Saint Pierre

Saint Pierre : 1er pape (tiare et clefs), chef de l’Église (goélette), homme pêcheur (coq), patron des marins (bateaux sinagots, filets, balise, plate, ancre, poissons, village de Cadouarn et Montsarrac).

Saint Joseph

Saint Joseph : patron des artisans, des maraîchers et des ouvriers des usines situées au Poulfanc, au Prat en Vannes, mais aussi de celle, aujourd’hui disparue, qui, à partir de 1853, réceptionnait sur le quai de La Garenne, des cendres de brûlage du goémon en provenance du nord de la Bretagne. Jusqu’en 1883, date de sa fermeture, elle produisait principalement de l’iode et des composés chimiques utilisés dans l’industrie naissante et les engrais industriels.

ND de Kerarden

Dédié à N.D. de Bon Voyage, ce vitrail représente deux pèlerins passant par Séné, le long de la rivière de Noyalo, toute proche. La Vierge leur souhaite un bon voyage dans la vie. À son souhait, se joint celui de deux maraîchers qui travaillent dans leur champ.

 

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