Dimanche des Rameaux et de la Passion – 2021.

 

En ce dimanche, je voudrais attirer notre attention sur un homme qui passe inaperçu dans ce long récit de la Passion. Et pourtant, il aurait beaucoup de choses à nous dire. Il s’agit de Simon de Cyrène, celui qui a aidé Jésus à porter sa croix sur le chemin du Calvaire. Nous ne savons pratiquement rien de lui sinon qu’il était originaire de Cyrène. Et Cyrène c’est en Afrique du Nord ( en Libye). C’était donc un étranger. Cet homme finissait sa matinée de travail et il rentrait chez lui pour un repos bien mérité. Mais les soldats romains l’ont réquisitionné pour porter la croix de Jésus.

Ce qui nous frappe chez Simon c’est son anonymat mais aussi la place privilégiée qu’il a prise dans le mystère de la Passion du Christ. C’est un anonyme. On n’a pas reparlé de lui. Il n’a pas eu sa place dans le catalogue des saints. Il est entré dans la nuit et l’oubli de l’histoire. Et pourtant… on peut dire qu’il a eu une place extraordinaire. Il est le seul qui a porté la croix du Christ. Il était seul à côté de lui. En acceptant cela, il a été le partenaire de l’événement le plus bouleversant de l’histoire : C’est le chemin de croix où Dieu lui-même a donné sa vie pour que tous les hommes soient sauvés. En cette heure d’épreuve extrême, Dieu a besoin d’un homme. Simon qui ne faisait que passer par là est devenu le premier disciple de Jésus. Sans le savoir il a répondu à l’appel de celui qui avait dit : « Celui qui veut être mon disciple, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ! »

Et voilà que Simon a pris la place de disciple bien avant les Douze qui s’étaient enfui, bien avant cet autre Simon qui l’avait renié. Il s’est compromis avec un homme condamné, rejeté et méprisé de tous. Ce Simon de Cyrène est le frère de gens très simples. Pensons à tous ceux et celles qui se dévouent au service des plus pauvres, des exclus.

Nous vivons dans un monde dur. Beaucoup de jeunes sont inquiets pour leur avenir. La solitude de certains est très lourde à porter. Ils sont de plus en plus nombreux ceux et celles qui sombrent dans le désespoir. Simon de Cyrène nous montre le chemin de la solidarité. Lui le lointain s’est fait le prochain. Comme lui, nous entendons l’immense appel à porter les croix les uns des autres.

Chacun de nous pense à ce malade que l’on va visiter chez lui ou à l’hôpital, ce prisonnier avec qui on reste en contact, cette personne déprimée qui a besoin d’être écoutée et encouragée. Dans bien des familles chacun a ses problèmes et ses souffrances. Mais il est important que des personnes soient là pour aider celui ou celle qui souffre à porter sa croix. A travers tous ces souffrants que nous croisons sur notre route, c’est Jésus qui est là. Tout ce que nous faisons pour le plus petit d’entre les siens c’est à lui que nous le faisons.

Nous allons vivre ensemble cette semaine sainte. Pour tous les chrétiens du monde entier, c’est un moment important de l’année. Avec Simon de Cyrène, nous suivrons Jésus sur le chemin du Calvaire. Sa mort, le vendredi saint, n’est pas un point final. Elle est un « passage » de ce monde vers le Père. C’est ainsi que Jésus est venu nous ouvrir un chemin qui permet à toute l’humanité d’entrer dans la gloire du Père. Les uns avec les autres nous chanterons et nous proclamerons : « Souviens-toi de Jésus Christ ressuscité d’entre les morts. Il est notre salut, notre gloire éternelle. »

 

Père Bernard PLISSON.

 

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