HOMELIE VEILLEE PASCALE – 2021.

Entre deux aujourd’hui il y a toujours une nuit, comme nous l’avons entendu tout à l’heure : il y eut un soir et il y eut un matin, premier jour.

De grands événements du salut se passent la nuit, en particulier le plus grand, la résurrection de Jésus.

Mais cette nuit sainte nous évoque les quatre grandes nuits de l’histoire du salut.

La première nuit est celle de la création : nous en avons entendu la lecture. La création, c’est le premier moment de l’histoire du salut :  « Dieu a créé l’homme pour avoir quelqu’un en qui déposer ses bienfaits » St Irénée. C’est le moment initial, mais c’est aussi un moment toujours présent : car Dieu nous crée à chaque instant de notre existence.

La seconde nuit est celle de l’alliance de Dieu avec Abraham qui s’accomplit à la nuit tombée : « Quand le soleil fut couché et que les ténèbres s’étendirent, voici qu’un four fumant et un brandon de feu passèrent entre les animaux partagés. Ce jour là Yahvé conclut une alliance avec Abram » Ex 15,17-18. Cette alliance sera confirmée au terme de l’épreuve où Dieu demande à Abraham de sacrifier son fils Isaac. C’est l’alliance de la foi.

La troisième nuit, c’est la nuit de la sortie d’Égypte, la libération du peuple élu, qui inaugure l’alliance du Sinaï. C’est le passage de la mer rouge, c’est une nuit de salut. Cette nuit de la libération d’Égypte est la nuit qui symbolise notre baptême, participation à la vie nouvelle du Christ mort et ressuscité, lui aussi en pleine nuit.

La quatrième nuit, dans la perspective biblique est la nuit de la fin des temps, quand le Messie reviendra. Pour nous chrétiens, cette quatrième nuit est déjà présente avec la résurrection de Jésus. L’avenir vers lequel nous tendons tous est déjà présent.

Mais toute nuit ouvre sur un matin. C’est de grand matin que les femmes se rendent au tombeau pour découvrir qu’il est ouvert et vide. Jésus est ressuscité dans le mystère de la nuit.

Les femmes qui sont, par nature et par vocation, celles qui conçoivent et donnent la vie, celles qui enfantes, celles qui soignent, celles qui veillent sur le malade et le mourant, celles qui ensevelissent aussi le défunt, celles qui mènent la vie à son terme, celles qui ont enseveli Jésus au soir du sabbat. Les femmes qui ont un lien secret avec la vie, sont les premières à recevoir le grand message de la vie ressuscitée. Elles sont les premières à pouvoir comprendre. Elles sont donc les premières à être les messagères de la résurrection de Jésus. Elles sont les premières à avoir réalisé qu’il ne faut pas chercher parmi les morts celui qui est vivant.

Les disciples restent en retrait. Ils ne croient pas les femmes. Pierre lui-même va au tombeau : il ne vit que le linceul. « Il s’en retourna chez lui, tout étonné de ce qui était arrivé ». Les disciples ont eu besoin de voir personnellement le Seigneur pour croire à leur tour.

Tous les récits des apparitions du ressuscité soulignent que Jésus doit d’abord vaincre leur manque de foi, leur apporter des preuves que c’est bien lui. Il n’allait pas de soi de croire à une résurrection. Cela ne va pas de soi non plus pour nous.

Nous sommes heureux de pouvoir nous appuyer sur la foi des femmes, sur la foi hésitante des Apôtres.

C’est une femme qui a été associée la première, en son corps et en son âme, à la résurrection plénière de Jésus. Jésus a connu l’ascension, Marie a été privilégiée de l’assomption. Dans l’ aujourd’hui de la vie de l’Église, dans l’ aujourd’hui de notre foi, Marie nous annonce ce que sera un jour notre assomption, l’assomption de toute l’Église.

Oui, frères et sœurs, Christ est ressuscité, Alleluia !

Père Bernard PLISSON.

 

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