VEILLEE PASCALE.

Nous venons d’entendre le récit de l’évangile de Luc. Trois attitudes peuvent nous aider ce soir à rencontrer le seigneur ressuscité, nous venons d’ailleurs de le chanter.

Tout d’abord, les saintes femmes se mettent en route, très tôt le matin, elles vont aller au tombeau pour ensevelir Jésus, elles sont remplies du désir de le retrouver après cette journée du sabbat, après avoir vécu douloureusement sa Passion, le chemin de la croix. Dès le matin, les voilà parties en courant au tombeau. Nous voyons aussi dans ce récit de Luc qu’alertés par ces mêmes femmes quelque temps après, Pierre va courir, nous dit Saint Luc au tombeau. Voilà une première image qui devrait nous permettre de voir quelle est l’attitude que nous devons essayer d’entretenir en nous pour rencontrer le christ ressuscité. Il faut se mettre en marche. On ne rencontre pas le Seigneur dans son fauteuil, on ne rencontre pas le seigneur assis tranquillement. Quand tu voudras Seigneur !

Il faut marcher, il faut creuser en nous le désir de le rencontrer et ce désir est inscrit au fond du cœur de tout homme. Mais très souvent, ce désir est endormi en particulier par notre monde de consommation, alors, nous l’éteignons et il n’a plu toute la vigueur pour se mettre en route. Nous sommes trop souvent encore noyés dans toutes sortes de préoccupations futiles, alors que ce désir au fond de nous, nous devons l’attiser par notre attitude, par notre recherche, par notre prière, par la vie des sacrements. Ce désir de Dieu, ce désir d’absolu qui est au fond du cœur de tout homme, il nous faut le mettre en route. Les femmes, comme Pierre, vont courir au tombeau parce qu’elles ont et il a, le désir de retrouver Jésus.

Mais deuxième image : fausse route. Là, il va y avoir ces anges de Dieu qui vont dire aux femmes :

«  Ne cherchez pas le Vivant parmi les morts »

Le Vivant, il n’est pas dans vos tombeaux, il n’est pas dans le tombeau de votre coffre fort, il n’est pas dans le tombeau de tous les plaisirs futiles de notre vie, il n’est pas dans le tombeau de notre absence de relations fraternelles, il n’est pas dans le tombeau de toutes nos peurs.

« Ne cherchez pas le Vivant parmi les morts »

Vous perdez votre temps, vous usez votre santé et vous êtes encore plus déçus qu’avant de le chercher.

« Ne cherchez pas le Vivant parmi les morts »

Nous voyons bien que cette société mortifère par certains de ces aspects voudrait trouver ce Vivant alors que c’est une société dans laquelle il ne peut pas être vivant. Chaque fois que nous empêchons le Christ d’être vivant, par cette fausse tolérance qui nous empêche de clamer notre identité, eh bien ! nous l’empêchons, pour ainsi dire, d’être vivant et les hommes de ce temps ne peuvent pas le trouver. Fausse route !

Si ce soir, frères et sœurs nous pouvions retrouver la route du désir de ces femmes, accueillir en nous cette force de l’Esprit que nous avons reçue au baptême pour pouvoir, même s’il faut reculer, même s’il faut changer certaines attitudes d’une manière plus ou moins douloureuse, revenir en arrière pour repartir sur la vraie route.

Troisième enseignement de cet évangile : alors, comment faire ? Là encore, les anges de Dieu vont réorienter ces femmes :

« Rappelez-vous ce qu’il vous a dit en Galilée »

La Parole de Dieu, la Parole de Dieu, c’est la Parole qui nous conduit au ressuscité.

Nous vivons, depuis le dernier Concile, cette période merveilleuse de l’Église où enfin la Parole est redonnée au peuple de Dieu. Lisons-nous chaque jour, accueillons-nous chaque jour cette Parole de Dieu ?

« Rappelez-vous, rappelez-vous ce qu’il vous a dit »

Remettez vivante votre mémoire et chaque dimanche, peut-être chaque jour je le souhaite, remettez à jour votre mémoire vivante.

Retenez une de ces Paroles, elle va éclairer votre route et vous ne prendrez plus les fausses routes.

« Rappelez-vous ce qu’il vous a dit : le fils de l’homme doit souffrir mais le troisième jour il ressuscitera »

Ils avaient oublié cette Parole et venaient avec leur générosité humaine pour retrouver ce Jésus. Ces femmes avec leur affectivité, elles l’aimaient ce Jésus, il a tellement souffert, elles voulaient lui donner tout ce qu’il faut pour l’ensevelir décemment, elles allaient entretenir ce culte, fausse route !

« Rappelez-vous ce qu’il vous a dit »

Vous vous êtes arrêtés en pleine route et vous n’avez retenu qu’une partie de cette parole. La Parole du seigneur, elle nous conduit à aller toujours plus loin, à retrouver tous les germes de vie dans toute situation, dans toute vie et c’est ce soir le souhait de Pâques que nous pourrions faire.

Que dans chacune de nos vies, par la lumière de la Parole de Dieu, nous puissions retrouver les traces de Celui qui est vivant.

Le Vivant, alors notre vie, devient lumière, alors notre route, devient chemin de vrai bonheur et de vérité.

Oui, le Christ est vivant, il est ressuscité. Alleluia !

Père Bernard PLISSON.

 

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