Fête de la Toussaint. Séné 2019.

L’immense cortège de tous les saints

 

En ce jour de Toussaint nos églises accueillent plus de monde que d’habitude. Ils sont nombreux ceux et celles qui reviennent à leur paroisse d’origine. C’est à tous que le Christ adresse son message d’espérance aujourd’hui. Cette fête de la Toussaint, c’est celle de la victoire. Nous célébrons la victoire de la vie sur la mort, tout comme le jour de Pâques. D’ailleurs, ces deux fêtes sont intimement liées. Le jour de Pâques, les amis de Jésus se sont rendus au tombeau. Et en ce jour de Toussaint, nous avons l’habitude de nous rendre auprès des tombes de nos défunts. Mais aujourd’hui comme autrefois, nous entendons cet appel de l’Evangile : « Ne cherchez pas parmi les morts celui qui est vivant ».

C’est cette bonne nouvelle que nous rapporte le livre de l’Apocalypse (1ère lecture). Saint Jean s’adresse à des chrétiens qui connaissent le désarroi. Ils sont affrontés à la persécution. Beaucoup sont morts. On leur avait annoncé « le jour du Seigneur » mais rien ne se passe. C’est plutôt l’échec, la souffrance et la mort. Alors, on s’interroge : où est-il ce jour annoncé ?

C’est pour répondre à cette question que saint Jean écrit son apocalypse. Oui, Jésus est ressuscité ;  il est vivant. Il est là au cœur de nos vies et de nos épreuves. Tous ces morts que nous pensions disparus, emportés dans la tourmente, sont avec Jésus dans le bonheur de son Royaume. Ils ont obtenu la récompense de leur amour et de leur fidélité. Ce message d’espérance est très important pour notre période bouleversée. Accueillons-le comme un appel à réveiller notre foi et à réchauffer notre espérance.

Dans la seconde lecture, c’est encore saint Jean qui nous annonce une bonne nouvelle. C’est comme une confidence que le Seigneur nous fait : « Tu es mon enfant bien-aimé, je t’aime. » Oui, nous sommes enfants de Dieu. Ce que nous serons ne paraît pas encore clairement. Mais à ce moment-là, nous le verrons tel qu’il est. Voilà une bonne nouvelle qui doit ranimer notre espérance. Oui, mais comment croire quand on est meurtri par la vie, la solitude, les injustices, la violence. Pensons à tous ceux et celles qui sont exclus et méprisés. Personne ne les aime parce qu’ils sont différents, parce qu’ils ont fait de la prison ou encore parce qu’ils n’ont pas eu une vie très belle.

Mais le Seigneur nous dit que son amour est offert à tous, y compris au criminel qui était à ses côtés sur la croix. Même si nous sommes tombés très bas, il est toujours là pour nous relever et nous remettre en route.

L’Evangile de ce jour est aussi un appel à la joie et à la sainteté. Jésus s’adresse à des gens qui sont rassemblés autour de lui sur la montagne. Son message est proclamé aujourd’hui dans toutes les églises du monde entier. Il nous rejoint tous quand nous sommes rassemblés en son nom. Sa présence au milieu de nous est déjà source de joie et de bonheur. Les paroles qu’il nous adresse sont celles de la Vie éternelle.

« Heureux les pauvres de cœur ». Voilà une parole qui va à contresens de ce que pensent spontanément la plupart des gens. Etre heureux, n’est-ce pas être riche et en bonne santé plutôt que pauvre et malade ? Et pourtant nous voyons bien que les richesses et la santé ne suffisent pas à nous combler. Le seul qui peut nous rendre vraiment heureux c’est le Seigneur. En allant à lui, nous choisissons la meilleure part. Mais cela ne sera vraiment possible que si nous ne sommes pas accaparés par nos richesses.

Ainsi, nous serons entièrement disponibles pour accueillir le salut de Dieu. Si nous lui donnons la priorité absolue dans notre vie, si à cause de lui, nous sommes prêts à  renoncer à tout ce qui nous détourne de lui, nous trouverons le seul vrai bonheur. Lui seul pourra nous combler pleinement.

C’est ce chemin qui a été suivi par les saints que nous fêtons en ce jour. C’est une foule immense que nul ne peut dénombrer. L’Eglise est fière de nous montrer tous ceux et celles qui ont vécu au mieux l’Evangile des béatitudes. Nous pensons à tous ceux et celles qui ont marqué l’histoire humaine et chrétienne, les apôtres, les martyrs d’hier et ceux d’aujourd’hui. Mais la sainteté n’est pas seulement offerte à quelques élites. Pour y parvenir, nous n’avons pas à accomplir des performances de vertus et de sacrifices. Ce qui nous est demandé, c’est d’accueillir le Seigneur et de le laisser agir en nous.

Cette fête d’aujourd’hui nous rappelle que nous sommes tous appelés à devenir des saints. La tentation est grande de dire que « ce n’est pas pour moi pauvre pécheur ». Il faut le dire et le redire : Nous sommes tous appelés à devenir des saints ; au ciel, il n’y a que des saints.

Certains ont été des grands pécheurs mais ils ont accueilli le pardon de Dieu. Pensons à Pierre qui avait renié le Christ, Paul qui avait persécuté les chrétiens, Saint Augustin qui a passé une partie de sa vie dans la débauche… Leur rencontre avec le Christ a complètement changé leur vie Le Seigneur est capable de venir nous chercher très loin et très bas pour faire de nous des saints.

Alors, en communion avec tous les chrétiens du monde entier nous chantons : « Dieu, nous te louons, Seigneur nous t’acclamons dans l’immense cortège de tous les saints »

Père Bernard PLISSON.

 

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